Couple, famille et ministère : comment bien gérer ce trio ?

Couple, famille et ministère : comment bien gérer ce trio ?

Chère lectrice,

J’espère que ton quotidien ne te submerge pas trop et que tu arrives à prendre du temps pour me lire ! Pour ma part, je me suis libérée de l’école à la maison et des tâches ménagères pour pouvoir t’écrire. Hier matin, alors qu’une tempête tropicale soufflait et que toute la famille était confinée à l’intérieur du logis- les volets clos- je me suis attelée à la traditionnelle corvée annuelle de tri du linge de toute la maisonnée.  Comment dire ? Ton salon est transformé en salle d’essayage, des habits de toute taille envahissent les chaises, fauteuils et recoins de la pièce et tu constates avec effroi que ton aînée a terriblement grandi et que tu dois au plus vite te rendre au magasins de fringues le plus proche ! Quelle journée ! Oui car ce genre d’activités dure généralement toute la journée si ce n’est plus. Innovation cette année : alors qu’on s’approche du mois de mai, je ressors les habits d’automne-hiver, ou tout au moins quelques lainages pour faire face aux rudesses de l’hiver réunionnais qui s’annonce (oui je sais, le mercure ne devrait pas descendre en dessous de 12 degrés Celsius mais il paraît qu’on peut quand même avoir froid, amies québécoises, s’il vous plaît, ne riez pas de moi !) Bref, je suis bien contente d’avoir accompli cette tâche monumentale hier pour pouvoir m’entretenir aujourd’hui avec toi sur le sujet du couple, de la famille et du ministère. Tu es prête ?

Après avoir abordé la semaine dernière le thème sensible de la belle-famille (tu peux retrouver ce carnet ici), je souhaite parler avec toi des déséquilibres et pressions liés au ministère qui peuvent surgir et peser sur la vie de couple et le foyer. Je prends le mot ministère au sens large, c’est-à-dire service ou implication à l’église.  

(Si tu as commencé à lire l'article dans un courriel, reprends ta lecture ici)

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J’aimerais ici exposer plusieurs cas de figures bien différents.

Tout d’abord, je commencerais en énonçant ces deux vérités :

1ère vérité : Le Seigneur s’attend à ce que nous le représentions et que nous le servions de tout notre cœur.

2ème vérité : Si notre relation avec Dieu (=notre communion avec le Seigneur) doit être prioritaire sur notre relation de couple, notre service pour Dieu, notre ministère, lui, ne l’est pas. Pour dire les choses simplement, notre conjoint et notre famille passent avant notre vie d’église. Tu me suis ?

Pour être encore plus claire, voici l’ordre des priorités que j’ai apprises au travers de mes lectures et en côtoyant d’authentiques hommes et femmes de Dieu : 

1.   Ma relation avec Dieu (mon intimité avec lui que je construis en lisant la Bible, en priant, en l’écoutant…)

2.   Mon conjoint

3.   Mes enfants

4.   Mon service à l’église/ mon ministère

J’aimerais maintenant m’adresser à toi lectrice dont le conjoint ne suit pas encore le Seigneur :

Je te partagerais ces simples mots : Ne te décourage pas !!! Continue d’être fidèle au Seigneur, à suivre ses voies même si ton mari n’embrasse pas ta foi. Jésus a compassion de toi, il voit tes larmes, ta souffrance et ta persévérance. Il est fier de toi, fier que tu tiennes bon malgré les incompréhensions, les critiques et les reproches. Je  t’encourage aujourd’hui à travailler sur tous les fronts pour gagner ton mari à Jésus :  

1) Ne te relâche pas dans la prière, combats avec foi et autorité, continue d’intercéder pour son âme, pour que le Saint-Esprit lui révèle l’amour du Père.

2) Continue d’être un bon témoignage, afin que ton mari, malgré ses critiques, soit obligé de voir Christ au travers de toi. Demande au Saint-Esprit de t’inspirer sur les gestes à poser ou paroles à dire (ou à ne pas dire) pour toucher le cœur de ton époux.

3) Sois sage. Tu ne peux pas forcer ton mari à t’accompagner à l’église. Laisse-le libre de ses choix. Cultive une vie d’église mais sans excès : assiste à une voire deux réunions par semaine (c’est là mon humble avis !) mais ne multiplie pas tes engagements. Ta place est aux côtés de ton mari – inconverti soit-il- avant d’être à l’église. Même si tu souhaiterais des fois participer à tel ou tel rassemblement ou t’impliquer à une activité avec tes frères et sœurs dans la foi (Jésus le sait et il voit ton cœur), et que l’activité à la pêche avec ton mari ne te dit rien du tout, souviens-toi toutefois de ne pas délaisser ton époux au profit de l’église. Cela pourrait te desservir voire être dangereux. Au contraire, au lieu de rendre ton mari jaloux de l’église qui lui vole sa femme, il pourrait être touché que tu prennes du temps (sans râler ;-) à ses côtés.  Chère lectrice, que le Seigneur te communique toute la sagesse dont tu as besoin.

J’aimerais m’adresser à présent à toi, lectrice qui te sent des fois débordée par ta vie familiale (moi ça m’arrive souvent !)

La vie est faite de saisons. Non, tu ne devras pas toujours changer des couches ! (Alléluia !) Non, tu ne seras pas toujours réveillée à 3h00 du matin par les pleurs de ton bébé affamé. (Re-Alléluia !) Non, tu n’auras pas toujours à contrôler si ton petit dernier a fait ses devoirs. Non, tu n’auras pas toujours à régler des chicanes (en québécois dans le texte) qui tournent à l’affrontement au sujet d’un playmobile ou d’une barbie. Une autre vie existe ! Ou plutôt une autre saison ! Chère lectrice qui est multipare (c’est mon mari qui m’a appris ce mot qui est tout sauf poétique !!) (je traduis pour les non-initiées : multipare signifie « qui a déjà enfanté plusieurs fois »), il est normal que tu n’aies pas le même rythme d’église et la même implication qu’une célibataire sans enfant ! Abandonne tes frustrations ! Ne considère pas tes enfants comme une charge t’empêchant de faire ci ou ça ! Je le confesse : j’ai déjà pensé cela  ! J’ai déjà été frustrée de passer une journée pas terrible avec les enfants tandis que mon mari faisait du ministère et que plein de choses extraordinaires (genre plein de malades guéris …) avaient eu lieu ! Et moi dans tout cela ? J’existe ! Pourquoi moi je dois rester à la maison avec les enfants ? Est-ce que je suis punie ? Pourquoi je ne peux pas assister à cette réunion ou m’impliquer dans ce service ? Réponse : parce que mes enfants n’ont qu’une maman (une seule) et qu’ils ont besoin de moi en priorité. Tu connais ce verset de l’Écriture :

Si quelqu’un néglige les siens, en particulier les membres de sa famille et les personnes qui vivent sous son toit, il renie sa foi, il est pire qu’un incroyant. (1 Tim 5.8), Parole Vivante

Le Seigneur m’a confié mes enfants (ainsi qu’à mon mari) et j’en suis responsable. Alors, je veux traverser cette saison dans la joie et dans la paix. J’ai accepté que ma première mission, mon premier mandat, était d’élever mes enfants, d’investir en eux. C’est ce que Jésus attend de moi.  Avant beaucoup de choses. J’ai découvert que lorsque je servais ma famille, que je prenais soin d’eux, je servais Dieu aussi. Chère lectrice, ton premier ministère, ce sont tes enfants. Tu ne peux pas tout faire et le Seigneur ne te le demande pas. Concentre-toi sur ta famille surtout si tes enfants sont petits et demande au Seigneur ce qu’il attend de toi à l’église. C’est correct de lâcher un service pour un temps et de le reprendre plus tard (ou jamais) ou de carrément faire autre chose, le tout est de se laisser conduire par le Saint-Esprit et d’être à la bonne place. Lorsque Charlotte, ma 3ème fille est née, j’ai fait le choix d’arrêter de superviser une équipe de moniteurs d’école du dimanche. Très honnêtement, j’avais fait du bon boulot et l’équipe m’appréciait bien. Mais poursuivre cette implication n’aurait pas été raisonnable. Un nouveau-né avait besoin de moi à la maison. En arrêtant ce service (que d’ailleurs je n’ai pas repris ensuite), j’ai permis à une jeune femme de se lancer dans ce ministère. Tu sais quoi ? Je n’étais pas indispensable ! Par contre, je l’étais à la maison ! Chère lectrice, ne te sens pas coupable d’arrêter un service ou d’en refuser un, fais juste ce que le Seigneur te demande, ce sera amplement suffisant ! (Si tu veux en savoir plus sur ce sujet des enfants et du ministère, tu peux écouter ces émissions où j’interviens sur EMCI TV).

Pour conclure ces réflexions sur le sujet du couple, de la famille et du ministère, je voudrais exposer deux derniers déséquilibres. Il arrive que des célibataires ou des couples sans enfant soient peu ou pas investis dans leur église locale : leurs loisirs, leur maison ou leur travail sont souvent prioritaires sur le service à l’église. A contrario, des familles avec plusieurs enfants peuvent être surinvestis dans le ministère. J’ose dire qu’il y a là un problème. L’Église a besoin de chacun ! Chaque disciple de Jésus doit servir en fonction de ses capacités, de ses possibilités et de sa saison de vie ! Sinon c’est tout le corps de Christ qui en pâtit. 

Un dernier point : 

Il est excellent de servir le Seigneur, mais, tu l’auras compris, pas au détriment de notre conjoint et de nos enfants, ceux-ci restent prioritaires. Mon mari étant pasteur depuis douze ans, nous avons dû apprendre à concilier vie de couple, vie de famille et ministère. Je t’avoue, ce n’est pas toujours évident, le ministère peut être exigeant et demande des sacrifices. Mais c’est un honneur de servir Dieu et si je dis oui aux sacrifices que Dieu me demande, je refuse en revanche ceux qui ne seraient pas légitimes. Dieu ne nous demande pas de sacrifier nos familles pour le servir, bien au contraire. Certains ne l’ont malheureusement pas compris et leur mariage a fait naufrage. Ce n’est pas ce que Dieu veut. Un mariage et une famille solide permettront à un ministère d’être en santé, de porter du fruit et de durer. Il est déjà arrivé qu’à cause du ministère, mon mari soit absent et que je me retrouve seule avec les filles à la maison. Ces moments même s’ils sont courts, ne sont jamais très plaisants à vivre mais parce que nous sommes dans le plan de Dieu (et non dans des excès humains), la grâce de Dieu est sur notre famille et nous permet de continuer à servir Dieu de tout notre cœur. Oui, il y a des sacrifices dans le ministère mais ils en valent la peine et nous pouvons compter sur la grâce de Dieu pour nous soutenir ! Et quand il est nécessaire de s'investir plus pour une période, il est bon de compenser ensuite par des temps de qualité en famille.

Chère lectrice, tu l’auras compris en lisant mes derniers carnets : beaucoup de choses ou de personnes peuvent s’immiscer au sein de notre mariage. En fait, la seule personne qu’on devrait trouver entre nous et notre mari est Jésus. Lui seul est le ciment de notre couple. Tu connais ce verset d’Ecclésiaste :

La corde à trois fils ne se rompt pas facilement. (Ec. 4.12)

La vérité, tu la connais : plus tu seras proche de Jésus, de son cœur et plus ton mari le sera aussi, plus vous serez unis tous les deux. C’est, pour prendre un exemple mathématique, comme deux points situés sur deux côtés distincts d’un triangle : plus les deux points se rapprochent du sommet commun (ce sommet représentant Jésus), et plus la distance séparant les deux points rétrécit. Je ne suis pas très matheuse mais cette simple figure géométrique est sans équivoque. 

Alors, chère lectrice, je souhaite de tout cœur que le Seigneur reste au centre de ton mariage. Tu sais, des fois, des couples font un bout de chemin avec Jésus : Il est présent aux noces et durant les premières années de mariage puis pour une raison ou pour une autre, il disparaît du décor. La relation avec lui est négligée, le travail, les enfants, les loisirs prenant le pas sur notre communion avec Dieu. Très vite, cette terrible négligence d’un ou des deux conjoints affecte la vie de couple, le caractère redevient charnel et l’unité commence à s’effriter. Chère lectrice, je t’encourage à rester proche du Seigneur, à entretenir ta relation avec lui et je prie que ton conjoint en fasse tout autant. Ainsi, ton mariage ne sera qu’en meilleure santé.

Pour terminer, je ne peux que te souhaiter tous mes vœux de bonheur dans ton couple. Que réellement le bonheur et la grâce accompagnent ton mariage tous les jours de ta vie ! Sois bénie, chère lectrice !

Avec toute mon affection,

Sylvie

PS : Je risque d’être bien occupée les jours à venir et je n’aurais probablement pas le temps de t’écrire la semaine prochaine ! Snif ! Je dois impérativement vaquer à d’autres tâches (oh ! comme c’est joliment écrit !). Alors ne t’étonne pas si tu ne trouves pas de carnet dans ta boîte e-mail, je crois de toute façon que celui-ci en vaut deux, vu sa longueur ! On se dit à bientôt !

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